Kimonos sans frontières

Corsica follies


Corsica follies

Corse, folles journées

 

Ah la Corse ! Ses belles côtes, ses petites criques tranquilles, ses couleurs inimitables… On en rêvait, on l’a fait… et ça donne un cocktail du genre ‘Le bateau, c’est bien, mais…’.
C’est vrai.
Le bateau c’est bien parce que lorsque l’on prend le vent et les vagues dans le bon sens, cela vous donne l’impression de glisser sur l’eau. Le bateau c’est bien parce que, toutes voiles dehors, on avance au milieu de cette immensité bleue, avec juste le bruit du vent et de l’eau dans les oreilles. Le bateau c’est bien parce que l’on peut atterrir là où voitures et même piétons ne peuvent accéder. Le bateau c’est bien parce que l’on peut découvrir des trésors d’endroits à l’abri de tous. Le bateau c’est bien parce que l’on peut voir des jolis poissons et peut-être même en pêcher pour le déjeuner. Le bateau c’est bien parce que l’on peut sauter de la delphinière en faisant des bombes dans l’eau.
Mais.
Le bateau c’est bien mais ça peut tomber en panne. Le bateau c’est bien mais ça peut vous obliger à allumer souvent le moteur parce que la mer et le vent ont décidé qu’ils iraient dans un autre sens que votre route. Le bateau c’est bien mais ça peut avoir du mal à trouver un mouillage tranquille parce que la houle a décidé de s’en mêler. Le bateau c’est bien mais ça peut donner le mal de mer. Le bateau c’est bien mais c’est mieux avec du vent.
Voilà tous les charmes du bateau. Lors de cette croisière en Corse, nous avons expérimenté une petite palette des multiples visages de la navigation : quand ça va et quand ça va moins bien. Le résultat est que nous sommes toujours décidés à partir voguer dans les mers de ce monde, là où le vent ne sera pas forcément toujours dans le bon sens, là où le moteur peut nous lâcher, là où le génois peut se décrocher, là où le capitaine peut rendre ses tripes… bref, là où on peut bien profiter de la vie ! 

Résumé express de ces folles journées en Corse :
Mercredi 18 juillet : départ pour la Corse prévu à 17h, retardé à 19h car le Toyota est tombé en panne. Réparation minute sur le port d’Antibes avant de larguer les amarres. Ça commence bien…
A bord, Alain capitaine, moi Anne-Claire capitaine en second (enfin j’essaie), Fabrice, Kévin et Thomas, équipiers. Traversée presque totale au moteur, le vent jouant les absents. La houle nous vient de face et, dans la couchette avant, je sommeille en faisant du trampoline. Les étoiles et la lune nous accompagnent (c’est pas vrai qu’on se sent seuls la nuit en mer).
Jeudi 19 juillet : Arrivée en fin d’après-midi près de Calvi, mouillage derrière la pointe de la Revellata, dans l’anse d’Oscellucia. Nuit réparatrice pour tous.
Vendredi 20 juillet : Nous restons au même mouillage pour profiter des baignades et faire des tentatives de pêche. Nous recevons la visite de deux kayakistes d'une association écologiste. J'entends un gros PLOUF!... c'est Alain qui est tombé à l'eau en voulant les aider à monter à bord... Ils nous laissent leur petit pavillon, gage de notre bonne conduite avec Dame Nature.
Jusqu'ici, tout va bien…
Samedi 21 juillet : Le jour le plus long… Le moteur refuse de démarrer. La batterie nous a lâchement lâchés. Après bidouille dans la cale, Alain redémarre et prend la direction de Calvi pour acheter une nouvelle batterie. Mouillage houleux à l’entrée du port de Calvi qui, comme tous les ports de Corse, est "complet, rappelez dans une heure". Le moteur de l’annexe tousse un peu (et fait aussi s’étrangler le capitaine qui commence à en avoir ras-le-bol de ces engins) mais se met finalement en route direction le shipchandler. La nouvelle batterie est mise en place. Nous partons pour Galéria. En route, le génois se décroche du haut (le capitaine s’étouffe). Nous l’affalons et poursuivons notre route… avec moteur et grand-voile. Arrivés au mouillage, le capitaine monte deux fois au mât pour procéder au remontage du génois (cette fois, nous mettons la voile neuve car l’ancienne voile, montée précédemment, risquerait de se décrocher à nouveau : plus courte que l’autre, elle est accrochée en haut par un bout dont le nœud s’est défait). Le capitaine fatigue. Il se trompe dans l’enroulement de la corde de l’enrouleur et, maintenant que la voile est montée, doit tout renrouler à la main. Le capitaine a de la fumée qui sort des oreilles. Il se trompe dans le sens d’enroulement. Mais, même s’il est à l’état de liquide, le capitaine est têtu et veut finir tout de suite maintenant, tournant le dos au coucher du soleil et détournant le nez de son assiette. Finalement, le capitaine en second, ayant les idées plus claires, recommencera l’enroulage manuel dans le bon sens, éclairé par la lampe frontale. Nous dînons les pâtes carbonara de Kévin (qui dort déjà) vers 22h…
Dimanche 22 juillet : Après une nuit assez houleuse et une matinée de trêve réservée à la baignade, nous repartons vers le golfe de Porto. Le moteur vient finalement prendre le relais car le vent, bien présent, est pile de face. Nous passons devant les magnifiques côtes de la Scandola. Le capitaine a le mal de mer. Kévin aussi. Ils nourrissent les poissons pendant que le capitaine en second, possédant visiblement le seul estomac solide de l’équipage, mange des chips. Le mouillage calme et tranquille des cartes postales n’est qu’une illusion. La houle entre de plain-pied dans le golfe et nous choisissons, par défaut, celui de Bussaglia.
Lundi 23 juillet : La nuit n’a pas été bonne, agitée par la houle (je pense pouvoir me présenter bientôt au championnat de France de trampoline). Nous reprenons notre route vers le sud direction Cargèse. La houle et le vent se sont calmés alors que nous mouillons l’ancre au pied du petit village. En revanche, nos réserves d’eau douce ont considérablement baissé. Capitaine et capitaine en second prennent l’annexe pour remplir des bidons au port (qui n’a pas de place, bien sûr). Epreuve sportive dont se serait bien passé le capitaine qui commence à se demander à quoi ressemble le mot vacances. Nous revenons avec 78 litres d’eau et accueillons deux amis de Fabrice en (vraies) vacances dans le coin. Baignade, goûter. Thomas se découvre des épines d’oursin dans les orteils. Je commence l’opération d’extraction en douceur, vite interrompue par le capitaine qui mènera ça rondement même si ça fait mal (on est un homme ou on l’est pas, hein Thomas !). Fabrice et Alain raccompagne les amis sur la côte en annexe. Le vent et la houle se lèvent brusquement. La remontée de l’annexe sur le pont est une véritable épreuve de force (j’ai bien cru voir Fabrice passer par-dessus bord). Le capitaine décide d’aller mouiller un peu plus loin.
Mardi 24 juillet : C’est mon anniversaire et, ça y est, je peux l’annoncer, je maîtrise totalement toutes les figures du trampoline. Nous quittons le mouillage à l’aube pour rejoindre Ajaccio et peut-être des eaux plus calmes. Fabrice repart demain matin par le ferry (ce qui explique notre volonté forcenée de descendre vers le sud, face au vent, en travers de la houle, contre toute logique de navigation paisible). La météo annonce un vent fort. Nous nous réfugions au fond du golfe (en bord de route), parce que, évidemment, le port n’a pas de place à offrir… Fabrice rejoint la côte et ses cousins qui habitent juste à côté. Il aura droit à la vraie douche et au vrai lit cette nuit. Le mouillage est calme côté houle et nous soufflons un peu. Nous reprenons contact avec la civilisation en faisant quelques courses. Je me prépare mon propre gâteau d’anniversaire.
Mercredi 25 juillet : Nous décidons de nous accorder une trêve en restant à Ajaccio. Puisque nous sommes en ville, nous ferons une lessive au Lavomatic ! En débarquant à terre, le capitaine s’ouvre la plante du pied sur un rocher. Rien de très grave mais la marche vers la laverie sera sanglante. La bonne nouvelle c’est qu’il est privé de baignade pour un moment (le capitaine est très content, ses vacances continuent). Le reste de la journée est tranquille : jeux, dictée quotidienne pour Thomas, sieste.
Jeudi 26 juillet : Départ matinal pour entamer la remontée vers le nord. Nous rejoignons Sagone au moteur, le vent étant à nouveau aux abonnés absents. Nous mouillons près de la belle plage de sable et faisons comme les autres vacanciers, nous nous promenons au bord de l’eau et nous baignons.
Vendredi 27 juillet : Nous reprenons la route et bénéficions enfin d’un bon petit vent pendant un moment. Nous mouillons dans le golfe de Porto qui est décidément agité ces temps-ci.
Samedi 28 juillet : Remontée vers Galéria où nous étions déjà passés à l’aller.  Le retour se fait déjà sentir. Un fort vent de sud-ouest souffle. Malgré le mouillage à l’abri, il fait tourner l’éolienne au maximum. Nous décidons de prendre le départ de la traversée vers Antibes d’ici, sans doute le lendemain. La météo annonce un nouvel avis de grand frais pour après-demain. Nous profitons donc de nos dernières heures corses par des baignades et autres constructions sableuses sur la plage.
Dimanche 29 juillet : Nous quittons Galéria pour le large en fin de matinée. Le vent souffle déjà fort et la mer a gardé une bonne houle. Nous nous éloignons des côtes dans des creux de 3 mètres et avec un génois seul et réduit. La mer se calme un peu au fur et à mesure, malheureusement le vent aussi. Le moteur reprend du service. Puis il se lève à nouveau en fin d’après-midi et nous naviguons idéalement pendant plusieurs heures. Il est tard, je reprends mon entraînement trampoline sur la couchette avant. A minuit, j’entends claquer les voiles et je rejoins le capitaine pour enrouler le génois. Il laisse la grand-voile et je retourne m’allonger… pour 5 minutes : j’entends les talons du capitaine sur le pont. Cette tête de mule a décidé de descendre la grand-voile tout seul. Je remonte rapidement pour le trouver accroché au pied du mât, secoué par la houle, luttant contre les nausées. Je prends la barre pour mettre le bateau face au vent et finir de descendre la grand-voile… pendant que le capitaine vomit ses tripes sur le pont. Je lui passe un savon. Je reviens vers 3h. Le capitaine n’est pas au mieux mais il lutte. Vers 4h, je vois déjà les lumières de la côte. Je suis réveillée par son appel tôt le matin, les côtes azuréennes sont bien en vue. Après vérification de la trajectoire sur l’ordinateur, nous sommes un peu trop à l’ouest. Le capitaine est dans un sale état. La houle ne s’est pas calmée et son mal de mer non plus. L’arrivée au port d’Antibes signe la libération pour lui. Il passera l’après-midi à dormir.
Moi, je suis contente, j’ai réussi le test-traversée et croisière en même temps. Le résultat est plutôt satisfaisant.
A quand l’Atlantique ?

 

LEÇON D’ECOLOGIE

La vie sur un bateau est synonyme de respect de l'environnement marin. Voici les quelques conseils à tout équipage digne de ce nom délivrés par l'association écogestes dont nous avons reçu la visite à bord :

> choisir de préférence une zone sableuse pour mouiller l'ancre et la remonter à l'aplomb de l'embarcation pour éviter de dégrader les fonds ;

> limiter sa pêche aux espèces et aux tailles autorisées, observer les animaux sans les toucher ni les déranger ;

> à bord, surveiller les quantités utilisées, utiliser des produits propres comme le savon de Marseille pour la vaisselle et l'hygiène ;

> vérifier le bon état de fonctionnement du moteur afin d'éviter tout rejet, manipuler avec soin les liquides polluants ;

> ne jeter aucun déchet en mer ou sur la côte ;

> entretenir son bateau et son matériel avec des produits respectueux de l'environnement ;

> respecter la tranquilité du site et du voisinage.

 


19h10 à la montre de Fabrice : départ du port d'Antibes 


Chaud le poulet au curry !


Coucher de soleil sur la Côte d'Azur... (promis ce sera le seul ici)


Aube sur le cockpit où le capitaine sommeille...


... sa progéniture aussi


Premières tentatives de pêche à la traîne : résultat zéro...


Terre corse en vue !


Regardez bien, vous ne le reverrez plus !


Toujours en quête de poissons...


Première prise !


Le soir tombe sur le phare de la Revellata


Pêcheurs persévérants, les équipiers se servent de bigorneaux comme appât...


Et pour quel résultat ! (même pas on les a mangés)


Calvi : SOS batterie j'écoute ?


Plus haut, plus vite, plus fort... (la spirale des ennuis !)


Nouveau génois pour la peine


Juste pour montrer au capitaine ce qu'il avait dans le dos


Personne n'a pensé à faire une notice pour l'enrouleur ?


Longeant la Scandola


Pas moyen d'être tranquille...


Sac de noeuds dans le fil de pêche...
(c'est pas encore aujourd'hui qu'on mangera du poisson !)


Chaud devant !


Relief corse


A l'approche d'Ajaccio, matinée téléphone pour mon anniversaire


Famille Buisson s'extasiant devant un cimentier dans la baie d'Ajaccio

(mais c'est MAGNIFIQUE !!, immortalisons l'instant)


Séance de torture, euh pardon, de cartes postales


Surtout ne pas perdre la main ! 


Fil à linge artisanal


Le bronzage est d'époque...


Passage lumineux aux Sanguinaires


Et ça secoue un peu !


Réparation blessure j'écoute ?


Paisible mouillage de Sagone... alors ça existe ?


Ajimé en arrière-plan


Il est à nous !


Eh bé quoi ! On peut plus se baigner tranquille ?


Ni se doucher en paix apparemment !


ça y est, le capitaine est complètement barré...


Bain coloré dans le golfe de Porto


Tapons le carton, collègues !


Le vent soufflait fort ce jour-là... test capillaire à l'appui


Vaisselle dans le couchant


Buisson men in the water


A mon commandement, larguez la bombe !


Début de traversée retour... le capitaine est toujours vivant


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Que c est vrai !!!

05:21, 8/08/2007 .. Publié par Fa
Pour avoir vecu l aventure, le recit est criant de verité... Et encore, j ai loupé la fin , pour retourner un peu plus tot a la civilisation , revenir non pas en voilier de 12 m mais en Cargo de 100...
En attendant les photos, promi on reviendra !!!

Galéria quand tu nous tiens....

10:38, 8/08/2007 .. Publié par Lafraize
Ah Galéria, pour t'avoir connu, je te reconnais bien là!
La (journée) galère c'est tout toi!
Cette fois je vois que tu as attaqué par le vent, la houle et les ennuis techniques.
Ne t'en fais pas, toujours on te vaincra.
Nous serons tous plus fort que toi.
La preuve, regarde mes amis, ils ont luttés et ne baissent pas les bras.
Ils sont revenus plus fort et le seront même encore plus apres une cure de sommeil
Félicitations à eux !
Encore un bon anniversaire AA

Commentaire sans titre

07:59, 17/08/2007 .. Publié par Olive
Sympa cette premiere viree en corse!!! Un petit aperçu avant la grande aventure.....
A bientot, je passerai vous voir des que possible.
Bises a tous et encore bons preparatifs...

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